Saison 2019

 

13 juillet 2019 : Belle dame souveraine

Chansons mariales et courtoises du 15e au 17e siècles

 

 

Christel Boiron et Caroline Magalhaes, chant

Francis Jacob, clavecin

 

Le Poète, la Vierge, la Dame. Depuis le XIIe siècle la poésie courtoise a développé une certaine image de l’amour, en lien avec les valeurs de la société médiévale (l’amour, le courage et la fidélité à son suzerain ou à sa suzeraine). De même dans la dévotion mariale, la bonté la douceur, l’humilité, autant de qualités qui expriment la « courtoisie ». « Cortesia », en occitan (la langue des troubadours) ou en italien, grâce à des poètes comme Petrarque un peu plus tard, cette poésie va perpétuer au long des siècles cet art raffiné de l’être. Dans le poème « Vergine Bella », mis en musique par divers compositeurs, Petrarque célèbre la beauté et la pureté de la Vierge en confrontation avec l’amour terrestre.

Ce programme propose des pièces allant du XIIe au XVIIe siècles, anonymes et d’auteurs tels que Guillaume Dufay, Bartolomeo Tromboncino, Girolamo Frescobaldi, Claudio Monteverdi...

 

 

Christel Boiron

Après des études de violoncelle à l’École Nationale de Musique de St Etienne et une licence de musicologie à l' Université de Lyon 2, elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon en classe de chant au sein du département de Musique Ancienne. Elle obtient son diplôme d’études supérieures avec mention très bien en 1995.

Depuis, elle travaille régulièrement avec divers ensembles professionnels et en soliste, dans des formations reconnues tels l’ensemble Musica Nova, Gilles Binchois, Discantus, Spirito, Huelgas Ensemble, Le Concert Spirituel, Résonance Contemporaine, Alla Francesca, Dialogos...

Depuis 2007, elle travaille la technique vocale et la pédagogie de la voix auprès de Ronald Klekamp au centre de la Voix Rhône Alpes.

 

Caroline Magalhães

Chanteuse, diplômée du CNSMD de Lyon en chant (musique ancienne). Elle se produit régulièrement en concert dans plusieurs ensembles vocaux professionnels avec lesquels elle mène un travail sur différents styles, allant de la musique médiévale, de la renaissance et du baroque aux musiques contemporaines et notamment la musique brésilienne actuelle.

Elle développe également une intense activité pédagogique au Conservatoire à Rayonnement Régional de Strasbourg ; formatrice au Centre de Formation des Musiciens Intervenants de Sélestat, elle anime régulièrement des stages, et développe des projets d’interventions en milieu scolaire notamment en lien avec le musée de l’Œuvre Notre Dame à Strasbourg.

Parallèlement a ses études de chant, elle a suivi des études d'histoire et de musicologie, ayant obtenu un DEA (Diplôme d’études approfondies) de musique et musicologie à l'Université de Tours.

 

Francis Jacob

Organiste, claveciniste, facteur d’orgues et directeur artistique de l’Association des Amis de l’Orgue de Saessolsheim.

Il a remporté plusieurs concours d’orgue internationaux (Boulogne-sur-Mer, Bruges). Il est professeur d’orgue et de basse continue au CRR de Strasbourg et à l’Académie de la Haute Ecole des Arts du Rhin. Il est titulaire de l’orgue de Saessolsheim (Alsace), construit en 1995 par Bernard Aubertin, auprès duquel il pratique la facture d’orgue à Courtefontaine (Jura). Il mène avec l’Association des Amis de l’Orgue de Saessolsheim une importante activité musicale autour de ce magnifique instrument (concerts, stages …).

Son activité d’interprète l’amène a se produire en concert, en soliste ou avec des ensembles vocaux et instrumentaux (Gli Angeli, Le Concert Royal…)

Programme :

 

XVème siècle :

 

Guillaume Dufay, Ma belle dame souveraine

anonyme, Pour délaissier tristesse et joie avoir 

anonyme, Upon alamire

Guillaume Dufay, La belle se sied

Guillaume Dufay, Par droit je puis bien complaindre 

 

XVIème siècle :

 

Anonyme, Vergine bella madrigale spirituale à deux voix (laudi spirituali)

Bartolomeu Tromboncino,Vergine Bella

Le Pelletier, Souvent amour

A. Valente, Romanesca

Le Pelletier, Si mon malheur

Cyprien de Rore, Alma Suzanna

Gilles Farnaby, Fantasia

 

entracte

 

XVIIème siècle :

 

G. Frescobaldi,

Begli occhi io non provo

Bella Tiranna

L. Luzzaschi, Cor mio deh non languire

G. Frescobaldi, Toccata quarta (Primo Libbro)

C. Monteverdi, Salve regina 

T. Merula, Ecce quam bonum

G. Sances, Cantada à doi voci (in ciacona)

A. Campra, Tota Pulchra es amica mea

https://www.youtube.com/watch?v=4qKxYFL7fNg

Dimanche 21 juillet 2019 :Jacaras y otras folias imposibles - Duo Arpeado

 

Cristina Azuma, guitare baroque et Françoise Johannel, arpa de dos ordenes 

 

Cristina Azuma, guitariste brésilienne, et Françoise Johannel, harpiste française, se sont découvert une passion commune pour la musique et les instruments du baroque espagnol et c’est ainsi que le duo Arpeado est né. La confrontation du répertoire sur leurs instruments respectifs leur permet de revaloriser l’œuvre de compositeurs souvent mal connus et de créer de nouvelles versions de thèmes espagnols en croisant les différentes notations pour les deux instruments.

 

Cristina Azuma

Née au Brésil en 1964, elle se produit et enregistre depuis l’âge de seize ans, en solo et avec d’autres musiciens, dans différents pays d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Elle passe librement de la musique classique aux musiques populaires, et sa personnalité musicale hors du commun lui a permis d’obtenir des récompenses comme la nomination aux Indie Awards, la sélection américaine des cinq meilleurs CDs solo classique de l’année organisée par la critique spécialisée, ou le « prix de Création Musicale de la SACEM » en Martinique. Son dernier CD guitare solo, Dreams, est sorti mi-2011 sous le label GSP. 

Elle est par ailleurs docteur en musicologie de l’Université la Sorbonne, spécialiste d’histoire et d’interprétation de la musique de danse baroque en France et en Espagne, et a enregistré l’œuvre de Santiago de Murcia sur guitare baroque. Elle est actuellement professeur de guitare attachée au pôle de musique ancienne du Conservatoire de Fontenay-aux-Roses

 

Françoise Johannel

Après avoir étudié la harpe celtique, elle obtient un premier prix de harpe au C.N.S.M. de Paris. Elle se passionne très vite pour la Musique Ancienne et essaie de retrouver les instruments et les techniques adaptés à cette musique.

Une des premières en France à jouer les harpes double et triple, elle rencontre Antoine Geoffroy-Dechaume qui l’aidera dans sa recherche. Elle possède un vaste répertoire allant du Moyen Age au XVIIIe siècle, interprété sur les instruments adaptés. 

Elle a joué et enregistré avec les meilleures formations baroques dont « La Grande Ecurie et la Chambre du Roy », Capriccio Sravagante », « Fuoco e Cenere ». Elle a participé au disque « Ay Luna » avec Guillemette Laurens. Elle privilégie actuellement les concerts en soliste et de musique de chambre. Un CD solo est paru fin 2011, récital de harpe baroque, dédié à la musique du XVIIe siècle.

Elle enseigne « les harpes » (celtique, baroque, moderne) au Conservatoire de Fontenay-aux-Roses où elle est également chef de chœur.

https://www.youtube.com/watch?v=djDMwem_HGk

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Samedi 27 juillet : Les Miracles de Nostre Dame, de Gautier de Coinci

Francisco, chant, citole et luth médiéval

 

Sous l'impulsion de Saint Bernard, le grand abbé de la première moitié du 12e siècle, la dévotion à la Vierge a imprégné tout le 13e siècle. Ni la littérature ni la musique ne devaient y rester étrangères. Toutes deux ont trouvé un modèle d'expression dans les Miracles de Nostre-Dame de Gautier de Coinci.

 

Originaire du bourg de ce nom, entre Soissons et Château-Thierry, près de Fère en Tardenois, Gautier était entré comme moine à St Médard de Soissons, et fut près de 20 ans prieur de Vic sur Aisne, titre sous lequel il signe volontiers ses œuvres, les datant ainsi avec quelque précision d'entre 1214 et 1233. Son œuvre majeure, qui a inspiré des poètes comme Rutebeuf avant d'être imitée par Alphonse le Sage, est un imposant recueil de récits en vers, relatant des légendes mariales où le plus souvent on voit des innocents sauvés du péril ou des coupables préservés du châtiment grâce à l'intercession de la Vierge qu'ils ont invoquée in extremis. Le Miracle de Théophile qui ouvre le recueil a valu au théâtre le chef d'œuvre de Rutebeuf qui a gardé ce nom. 

 

Mais Gautier était aussi musicien que lettré. Familier du répertoire des trouvères, il se trouvait, en cette partie d'Ile de France unissant la Champagne à la Picardie, au cœur même de leur floraison. Il savait que dans la littérature romanesque, depuis le petit Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole des années 1200, il était de mode d'illustrer le récit (qui, ne l'oublions pas, était lu à haute voix) par des citations chantées ou refrains qui stimulaient l'attention des auditeurs, et qui ne tardèrent pas à former un cycle cohérent autour d'Aëlis ou de quelque autre belle mythique. Gautier conçut le dessein de faire de même pour ses Miracles, et agrandit même le procédé en ne citant pas seulement un refrain, mais des pièces entières, dont il transforma les paroles en conservant la musique, le rythme et parfois les rimes ou assonances. Ces nouvelles paroles, toutes dédiées à la Vierge, traduisaient une ardente dévotion, où l'amour humain chanté par ses modèles se voyait transformé en amour sublimé pour la Vierge Marie, et il n'est pas jusqu'à la classique rencontre galante entre un chevalier et une bergère, dont Adam de la Halle devait faire son Jeu de Robin et Marion, qui ne se voie transposée en une rencontre mystique entre le chrétien et Notre-Dame.

 

Entraîné par sa lancée, Gautier ne se borne pas au seul répertoire des trouvères. Il connaît et utilise aussi bien la lyrique latine des Versus jadis mis en honneur à St Martial de Limoges, que le répertoire des conduits ou les "duplums" d'organa où à ce moment même s'illustrait l'École de Notre-Dame de Paris conduite par Pérotin le Grand. Il n'ignore rien non plus du vaste répertoire des lais qui plongeaient en son siècle les toujours vivaces chansons de geste. Si bien qu'à travers ses contrafacta, l'œuvre de Gautier de Coinci se présente comme une véritable anthologie de la quasi-totalité du répertoire lyrique de son temps. D'où son intérêt exceptionnel.

 

Jacques Chailley

https://ekspresjaroslawski.pl/artykul/koncert-francisca-orozco/500649

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Dimanche 28 juillet : Títulos de Nobreza 

Ensemble Pingo de Choro : Adriana Arnaud, chant - Thierry Moncheny, guitare 7 cordes - Julien Hamard, cavaquinho

 

Les chorões (musiciens qui jouent le choro) se rencontrent et jouent dans les Rodas qui sont des« jam sessions » propres à cette musique. C’est dans ces Rodas que se sont rencontrés les quatre musiciens de Pingo de Choro.

Ils se découvrent une passion commune pour la chanson brésilienne ainsi que l’exigence et le souci d’authenticité indispensables pour interpréter ce répertoire qui résiste au temps et aux frontières.

 

Pingo de Choro, "Goutte de choro" est allé puiser dans la mémoire de la musique brésilienne (sambas des années 30-40, choros chantés) pour son spectacle Títulos de Nobreza...

 

Sambas des années 30/40

Les paroles des petites perles musicales de Noel Rosa, Ataulfo Alves, Assis Valente, Sinval Silva, Cartola, qui se faisaient alors les chroniqueurs de leur époque, parlent du carnaval, de la vie quotidienne au Brésil et des aléas de l'amour. Pingo de Choro a voulu remettre en valeur le style d'écriture qui caractérise les chansons de cette époque et la manière dont elles étaient alors interprétées en montant un groupe semblable aux formations traditionnelles au Brésil : chant, guitare 7 cordes, cavaquinho et pandeiro.

 

Choros chantés

En portugais, "choro" veut dire "pleur", mais c’est aussi le nom d’un style musical bien antérieur à la samba et à la bossa nova, l’un des plus importants au Brésil. Bien que le choro soit avant tout une musique instrumentale, dès ses origines on vit apparaitre des "choros chantés", le plus souvent des compositions sur lesquelles ont ensuite été rajoutées des paroles.

https://www.youtube.com/watch?v=mfI3zzS4OFI

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Samedi 17 août : Novembreries 

Chroniques personnelles et délicates C’est le journal d’un quadra passionné de musique, de littérature et de cinéma, un "geek" qui, comme beaucoup d’hommes de sa génération, s’est trouvé une situation professionnelle dans l’informatique, un adepte des concerts, un amoureux du live à qui “il est arrivé un truc”, le 13 novembre 2015. Il y était avec L. sa compagne. Ils sont sortis ensemble de la “Terrible Nuit”. Dans de brefs récits, l’auteur fait entrer en résonance cette Terrible Nuit, la rupture amoureuse et le désir d’exister. C’est bien l’après-événement qui est son coeur d’écriture, c’est ce moment qui n’est plus spectaculaire qu’il choisit pour dénuder avec délicatesse sa personnalité discrète jusqu’au bord de l’effacement et son aspiration sourde mais furieuse à renaître. Texte de David Hemkä dit par Katia Redier création sonore Anthony Ferreira

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Dimanche 18 août : The Shiels Family

Café concert irlandais by The Shiels Trio The Shiels : Tracy Shiels, chant, bodhran, guitare, percussion, harmonica - Ewan Shiels, chant, mandoline, banjo, ukulélé, guitare, harmonica - Ruby Mae Shiels, mandoline, guitares, ukulélé, chant, percussion Les Shiels est un trio de chanteurs / musiciens comprenant la mère, le père et la fille qui jouent ensemble depuis "un bon bout de temps". Leur répertoire s'adapte aux occasions, en faisant la part belle aux compositions originales, aux musiques traditionnelles de nature plutôt irlandaise ou américaine (ou qui le sont devenues !), aux interprétations "irrespectueuses" de classiques éternels, de musique de danse des terroirs, le tout agrémenté d'improvisation libre, de belles harmonies vocales, d'humour, d'effroi et de bien d'autres choses encore. Ils se sont produits en France, au Maroc, en Inde, en Irlande, en Corée, au Japon et probablement dans la rue en bas de chez vous... Ils présentent ici leur tout nouvel album "Café Concert" qui sera évidemment en vente après le concert.

https://www.youtube.com/watch?v=gMXPJjp1Glc&list=PLQkBa9GwwPoUWxMz9-jG9eAmgScFNAMMz 

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